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BARBIER

DU BARBIER D’ANTAN À CELUI D’AUJOURD’HUI…

Si les traces retrouvées dans le passé laissent entendre que l’homme se rasait déjà dans la préhistoire et au temps des pharaons, le métier de barbier fit sa première apparition en Europe dans la Grèce et la Rome antique. Pour Alexandre le Grand, le rasage fut une nécessité stratégique pour éviter à ses soldats de se faire prendre par la barbe par leurs ennemis dans les combats au corps à corps. Les romains, plus motivés par des besoins socioculturels ou esthétiques, ont commencé à se faire raser par des tonsors dès le IIIe siècle avant J-C. A l’époque, le port de la barbe était associé à la masculinité, au deuil ou à l’âge…

En France, le premier syndicat des barbiers a été fondé en 1096, et le métier a été inscrit sur le registre de taille au XIIe siècle. Sous l’Ancien Régime, ce terme se rapportait à 3 corps de métiers différents : le barbier, autorisé à tenir une boutique pour raser ; le barbier-perruquier, en charge des soins capillaires dans les grandes maisons princières ; et le barbier-chirurgien, en charge à la fois de la barbe et de petites chirurgies. Ce 3e groupe a vu le jour suite à l’interdiction de l’Eglise à ses prêtres de pratiquer des actes chirurgicales. Les limites entre ces deux professions restèrent floues jusqu’en 1691 où elles furent officiellement séparées.

Vers 1850, le métier de barbier fut complètement réorganisé. Au fil du temps, des syndicats, des associations et des différentes écoles, le métier se professionnalise autour des soins capillaires. Ainsi, tous les barbiers furent formés à l’art de la coiffure – bien que tous les coiffeurs ne soient forcément pas des barbiers ! Sans cesse en évolution, la profession regagne ces lettres de noblesse à cette époque. Et si l’ère moderne semble l’avoir mise entre parenthèses il y a quelques décennies, elle retrouve un nouveau souffle depuis les années 2000 où la tendance veut que l’on consacre un intérêt particulier à l’entretien de sa pilosité faciale.

COIFFEUR-BARBIER : UNE PROFESSION QUI VOYAGE À TRAVERS LE TEMPS

Eh oui, à l’ère des rasoirs multi-lames ou autre invention dernier cri, aller dans un salon pour se faire raser peut paraître suranné voire anecdotique, et pourtant la tendance actuelle dément cette idée : aujourd’hui, beaucoup d’hommes choisissent d’aller chez leur barbier (Paris étant une ville de choix pour le nombre d’enseignes présentes) pour se faire raser ou tailler la barbe dans les règles de l’art. Et si autrefois, le barbier n’exerçait qu’à temps partiel – en particulier le dimanche – de nos jours, il s’agit d’une profession à part entière qui offre un éventail complet de soins capillaires dédiés à la gent masculine.

Le barbier du 21e siècle est un professionnel de la coiffure qui a bénéficié d’une spécialisation sur le rasage et le modelage de la barbe ainsi que sur les soins à appliquer quant à son entretien. Mélange de tradition et de modernisme, cette spécialité peut aussi s’acquérir ou s’affûter à travers des stages d’apprentissage et de perfectionnement auprès des grands maîtres barbiers. Car tout l’art du barbier réside dans le maniement de ses instruments, notamment du traditionnel sabre, appelé communément coupe-chou. Un savoir-faire qui n’a pas pris une ride à travers le temps puisqu’il s’accommode à toutes les tendances du moment.